Les «repas-partage» de Caritas, un moment de convivialité apprécié

RédactionNews

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Source de l’article : cath.ch

Depuis une quinzaine d’années, tous les lundis entre 11h30 et 13h, les locaux paroissiaux des Halles à Bulle accueillent les «repas-partage» mis sur pied par les bénévoles de Caritas-Gruyère. La vingtaine de bénévoles qui se relaient chaque semaine, hormis les périodes de vacances ou les lundis de Pâques ou de Pentecôte, reçoivent 30, 40, voire jusqu’à 50 personnes venues se restaurer à un prix accessible, mais aussi partager des moments d’amitié ou rompre la solitude et l’isolement, dans une ambiance très familiale.

C’est Mgr Rémy Berchier, à l’époque curé de Saint-Pierre-aux-Liens, qui avait lancé l’idée de ces repas. Il avait souhaité un mélange social, pour créer des liens entre les diverses couches de la population.

Ce partage convivial est un des objectifs majeurs de l’œuvre d’entraide catholique qui s’engage quotidiennement dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Une initiative qui veut apporter un peu de chaleur humaine dans un monde qui ignore trop souvent ceux qui sont laissés au bord du chemin. On peut d’ailleurs s’apercevoir que tous les convives attablés ont l’air de se sentir tout à fait à l’aise. Même si on regrette que très peu de personnes bien loties participent à ce moment de partage.

«Au départ, on voulait s’ouvrir à toutes les couches sociales…»
«Au départ, on voulait s’ouvrir à toutes les couches sociales, mais on touche avant tout les personnes seules, isolées et nécessiteuses. Nous accueillons majoritairement des retraités, qui ont de petits moyens ou reçoivent des prestations complémentaires, mais aussi des mamans seules avec enfants, des personnes à l’aide sociale, des réfugiés et des immigrés également… Beaucoup sont des habitués !», commente Josiane Jaeger. Elle qui fut, durant près de 7 ans, responsable de cette action de Caritas-Gruyère et qui est depuis de nombreuses années engagée dans le Conseil de communauté de l’Unité pastorale Notre-Dame de Compassion. C’est maintenant, depuis peu, Edwin Schönenberger, de Riaz, qui a pris le relais.

«Merci de votre aide sans laquelle il n’y a pas de repas possible…»
Aucune contribution n’est exigée pour les repas, même si elle est souhaitée à la hauteur des possibilités des convives. Des affichettes jaunes, placardées dans la salle, le rappellent. On peut y lire: «Merci de votre aide sans laquelle il n’y a pas de repas possible… Ce repas, servi par des bénévoles, nous coûte 10 frs. Nous demandons absolument à ceux qui peuvent de donner le plus possible pour pouvoir continuer. C’est ça la solidarité !»

«Les personnes qui viennent manger ici participent plus ou moins aux coûts du repas. Certains mettent dix francs dans la boîte, d’autres 5 francs. On trouve même des centimes d’euros ou d’autres monnaies, même des médailles…»

Les contributions des convives couvrent moins de la moitié des coûts, qui s’élèvent à quelque 12’000 francs par an. Le reste est financé par des dons, des quêtes, ou des mentions «repas-partage» lors d’enterrements, voire de mariages. «La paroisse nous laisse gratuitement les locaux à disposition, et l’Espace Gruyère nous prépare de copieux repas. C’est Caritas qui fournit le pain, les boissons, le dessert et le café», ajoute Pierre Cottier, président de la section de Caritas-Gruyère. Mais ce qui est le plus important, souligne-t-il, c’est qu’autour de la table, on se restaure, mais surtout on rompt des solitudes et on tisse des amitiés.


Encadré

«On n’a pas les moyens d’être des piliers de bistrot»

A une table, les conversations vont bon train. Trois amis – l’un venant de Fribourg, l’autre du district de la Glâne et le troisième du canton de Vaud voisin – racontent qu’ils ne roulent sur l’or et n’ont pas les moyens d’être des «piliers de bistrot». Ce sont des habitués, qui fréquentent les lieux depuis des années. Mais ils préfèrent garder l’anonymat, car ils se méfient un peu de ce que peuvent écrire les journalistes…

«Ici, c’est un lieu convivial, décontracté. On se rencontre ici pour avoir des relations sociales, car il ne faut pas s’isoler. C’est un peu l’ambiance de bistrot, mais cela coûte moins cher. Il n’y a pas beaucoup d’endroits comme ça dans le canton. C’est une belle initiative, lancent-ils en chœur, qu’il faudrait renouveler ailleurs!» (apic/be)

Source : cath.ch